De la symbolique des cendres Mercredi des Cendres, année B Le 17 février 2021

Publié le Publié dans Homélies

Lectures :

Jl 2,12-18 : Revenez à moi de tout votre cœur…

2 Cor 5,20-6,2 : Laissez-vous réconcilier avec Dieu

Mt 6,1-6. 16-18 : L’aumône, la prière et le jeûne comme Dieu les aime

Mes chers amis…

dans quelques instants, je prendrai une pincée de cendres pour marquer vos fronts en signe d’entrée en carême.

Ainsi, nous commencerons ce temps de 40 jours qui nous appelle à la pénitence…, à la réflexion…, à l’approfondissement…, enfin à la conversion. Là sans doute se trouvent les premières notions qui s’imposent lors du carême.

Néanmoins, l’Eglise utilisant des cendres ne veut pas simplement souligner la nécessité de l’humilité et de la prise de conscience que notre vie est brève.

Elle veut aussi – et pour moi, cela est primordial -, associer au geste de l’imposition des cendres des notions beaucoup plus positives.

De prime abord, certes, les cendres sont une matière inerte, sans la vie qui s’en est allée justement avec l’extinction du feu. Ainsi, elles deviennent de la poussière volatile, facilement dispersable lors d’un coup de vent, même le plus léger…

Rien d’étonnant donc à ce que la cendre évoque la fragilité de notre condition humaine…

Cependant, il suffit de se documenter un petit peu sur les cendres pour se rendre compte que leur usage dans le quotidien n’est pas si aléatoire.

Ainsi ai-je pu noter, par exemple, que la cendre est reconnue comme fertilisant dans l’agriculture…

Nos grands-mères, mais surtout nos arrière-grands-mères, l’utilisaient pour laver le linge. D’ailleurs, la cendre fait encore de nos jours partie des certains composants des lessives et du savon bio…  

Sur Internet, j’ai même trouvé une astuce efficace pour rendre les dents bien blanches : il suffit de mélanger un peu d’eau et de la cendre de bois…pour obtenir ainsi un dentifrice efficace et peu coûteux.

La cendre sert aussi à faire briller certains métaux…

Vous voyez donc que cette cendre, résultat de l’anéantissement d’un corps, donc la fin de son cycle de vie, est elle aussi le début d’un nouveau cycle d’utilisations, comme je l’ai démontré.

Paradoxe ?

Exact !

Et c’est justement sur ce paradoxe que mise l’Eglise.

L’Eglise, notre sainte mère, veut que nous comprenions bien la symbolique des cendres, qui sont à la fois fin et commencement.

La fin de ce qui est futile et sans valeur, qui avilit notre humanité.

Il faut que le carême et toutes les disciplines qu’il impose et propose brûlent et dévorent ce qui est mauvais en nous. Il faut que tout cela devienne de la cendre… rien du tout…

En revanche, une fois le mal dompté et tourné en poussière, il est nécessaire qu’une vie nouvelle reprenne en nous car le but du carême vise la résurrection…, la fécondité de la parole de Dieu…, la purification du cœur, le renouveau de la foi…

Si vous avez déjà vu une forêt ravagée par les flammes, sans doute avez-vous eu l’impression que toute vie y avait cessé. Et quelques semaines après…, la même forêt ou plutôt ses vestiges, contre toute logique, reprenaient des couleurs.

De cendre, elle redevenait vie…

Mes frères et sœurs bienaimés, oui, nous sommes appelés à renaître.
C’est l’objectif du carême dont le signe premier est la cendre.

Alors, le voici maintenant, le moment favorable, le voici maintenant, le temps du salut !

                                                                               Amen